Actualité > Focus sur...

Focus sur...

[ 17 septembre 2026 ] Imprimer

Le Marathon du droit 2026

À vos marques, prêts, partez ! C’est la rentrée ! Et pour bien commencer l’année universitaire, quoi de mieux qu’un événement pérenne et festif : le marathon du droit ! Mathieu Touzeil-Divina, président du collectif L’Unité du Droit, professeur à l’Université Toulouse Capitole, directeur de son Master Droit de la Santé, a bien voulu répondre à nos questions sur cette rencontre juridique et festive.

Qu’est-ce que le Marathon du droit ? 

Le Marathon du Droit est une fête. Une fête juridique mais une fête tout de même ! Il s’agit d’associer, au fil d’une journée, des étudiants (qui sont co-organisateurs et non simplement spectateurs), des enseignants-chercheurs et des juristes professionnels à un événement d’endurance (d’où Marathon) puisqu’il concentre en 24 heures un colloque, des jeux de révision juridique mais aussi une partie artistique ainsi qu’une soirée de clôture. L’ensemble (et nous y tenons) étant exclusivement organisé par des juristes. 

Quelle en est l’histoire ?

Le Marathon (dont il s’agit de la 7e édition) succède à 5 premières manifestations, mancelles, de « 24 heures du Droit » de 2011 à 2016. Il s’agit donc du 12e anniversaire de l’événement puisqu’aux cinq premières « 24 heures du Droit » alors placées sous le parrainage du regretté Robert Badinter, l’esprit du Marathon était déjà là : organiser, avec tous les acteurs de la communauté juridique, une « fête du Droit » à l’instar de celles portées depuis par la Conférence des doyens des Facultés de Droit avec laquelle nous avons plusieurs fois agi de conserve. Après les cinq éditions mancelles, ont ainsi été organisées, depuis Toulouse, Pau et Boulogne-sur-Mer, sept autres éditions de 2017 à 2026.

De quoi se composera-t-il en 2026 à Toulouse ?

Cette année, le Marathon comprendra les 17-18 septembre 2026 quatre moments : 

- un colloque universitaire qui reposera sur la confrontation de deux mondes semblant peut-être a priori distincts sinon éloignés : le(s) Droit(s) & le(s) rêve(s). Pour ce faire, trois ateliers sont mis en place : d’abord, il s’agira de parler des rêves que l’on fait lorsque l’on dort et notamment des hypothèses où le droit encadre sinon permet un droit au repos, au sommeil et donc au rêve. Il en est aussi ici du droit encadrant toutes les substances qui « font rêver » (qu’il s’agisse de médicaments ou de drogues illicites). Par suite, on s’intéressera à tous ces rêves ou cauchemars qui existent et se forment par des êtres éveillés (et l’on parlera alors d’utopies voire de dystopies juridiques). Enfin, en association étroite avec le Master Droit de la Santé, coorganisateur de l’événement, les contributeurs se demanderont quelles formes de « rêves » envoie le Droit de la Santé. 

- Parallèlement au colloque, qui est le cœur académique de ce Marathon, est présentée au public — et jouée et écrite uniquement là encore par des juristes — une pièce de théâtre qui propose devant un Tribunal dit Oniro-Juridique de confronter plusieurs des faits de la vie de François-Vincent Raspail (1794-1878) accusé d’avoir trop rêvé la santé et le droit. La pièce s’intitule : « La République ? C’est lui ! La santé, aussi ! ».

- En outre, la veille du colloque, le 17 septembre en après-midi, le Marathon propose à celles et à ceux le souhaitant de participer à des jeux (quizz de révisions juridiques et plaidoiries sur le thème « Peut-on rêver le Droit ») organisés depuis vingt années déjà par les créateurs du Collectif L'Unité du Droit. On signalera, en particulier, l’existence cette année d’un prix de plaidoirie donnant lieu à récompenses de la meilleure plaidoirie.

- Enfin, le Master Droit de la Santé et son association estudiantine a prévu un moment festif pour clore ce moment. 

Un site dédié présente l’événement. Et plus spécialement la partie « jeux » et la partie « colloque » !

Quel est l’esprit de ces 24 heures ?

Historiquement, l’événement a été créé par une association (le Collectif L'Unité du Droit) mais ce, toujours en association avec une ou plusieurs Universités partenaires permettant ainsi une réunion — sans cesse renouvelée — des acteurs et des motivations, des étudiants et des enseignants-chercheurs ainsi que des nombreux partenaires publics et privés. Tous et toutes ont cette envie commune de partager, de communiquer voire de communier ensemble dans un moment qui sort volontairement de l’unilatéralité académique d’un colloque imposé par des sachants à des apprenants au profit d’une rencontre multilatérale où chacun a la parole et le droit de proposer et d’agir ; le tout dans une ambiance qui se veut plus détendue. 

Le questionnaire de Désiré Dalloz

Quel est votre meilleur souvenir d’étudiant ?

J’étais en maîtrise (on dirait Master 1 aujourd’hui !) à Nanterre et je suivais le cours passionnant de la professeure Antoinette Ashworth en droit des services publics. J’étais captivé par cette enseignante qui animait ses cours avec tant d’humanité et de sympathie. À la fin de ceux-ci, souvent, nous pouvions échanger avec elle et poursuivre même parfois autour d’un café. En l’occurrence, c’était en plein cours, à propos des services publics industriels et commerciaux et nous étions dans le petit amphi qui s’appelle désormais « Guy Carcassonne ». La professeure s’est brusquement interrompue et m’a fixé droit dans les yeux trois longues secondes qui m’ont paru une éternité. Puis elle a éclaté de rire (personne ne comprenait) et a dit : « Ah ! mais vous vous êtes coupé les cheveux Mathieu, je ne vous reconnaissais pas »… puis elle a repris son cours comme si de rien n’était. Je n’avais effectivement plu les cheveux longs mais je ne m’y attendais pas ! 

Quels sont votre héros et votre héroïne de fiction préférés ?

Pour l’héroïne, c’est Antigone parce qu’elle sait écouter son cœur et le sentiment de Justice plutôt que la Loi formelle des hommes et qu’elle sait conséquemment dire « non ». C’est peut-être aussi parce qu’elle me fait penser à ma mère. Pour le héros, il s’agit du Signor Vitalis dans le Sans Famille d’Hector Malot un peu d’ailleurs pour les mêmes raisons : il écoute d’abord son cœur, sait être protecteur sans se fier du qu’en-dira-t-on et incarne ainsi une sorte de « force tranquille ». C’est peut-être aussi parce qu’il me fait penser à mon père… 

Quel est votre droit de l’homme préféré ?

Sans nul doute : le droit d’être différent (et donc le principe constitutionnel d’Égalité) dans une société qui parfois, y compris à l’Université, le nie trop facilement y préférant la morne similarité du groupe. 

 

Auteur :MBC


  • Rédaction

    Présidente et principale associée : Lefebvre Dalloz, 10 Place des Vosges, 92400 Courbevoie - 542 052 451 RCS Nanterre

    Directeur de la publication-Président : Julien Tanguy

    Directrice des éditions : 
    Caroline Sordet
    N° CPPAP : 0122 W 91226

    Rédacteur en chef :
    Maëlle Harscouët de Keravel

    Rédacteur en chef adjoint :
    Elisabeth Autier

    Chefs de rubriques :

    Le Billet : 
    Elisabeth Autier

    Droit privé : 
    Sabrina Lavric, Maëlle Harscouët de Keravel, Merryl Hervieu, Caroline Lacroix, Chantal Mathieu

    Droit public :
    Christelle de Gaudemont

    Focus sur ... : 
    Marina Brillié-Champaux

    Le Saviez-vous  :
    Sylvia Fernandes

    Illustrations : utilisation de la banque d'images Getty images.

    Nous écrire :
    actu-etudiant@dalloz.fr